Chercheur en sciences cognitives. Ce compte est consacré aux œuvres de la littérature classique universelle et autres beaux romans.

Paris
Joined October 2021
Chers abonnés, Après six années passées parmi vous, le moment est venu pour moi de refermer ce chapitre. Dans les mois qui viennent, je devrai consacrer l’essentiel de mon temps et de mon énergie à retrouver pleinement la santé. Vous comprendrez que, fidèle à ma nature, je n’en dirai pas davantage. Cette aventure aura été infiniment plus riche que je ne l’aurais imaginé. Derrière les échanges, les désaccords parfois, les traits d’esprit et les passions communes, j’ai découvert chez nombre d’entre vous des êtres cultivés, profondément bons et d’une grande gentillesse. Nous avons surtout partagé cet amour inconditionnel de la littérature, des mots et de la langue française, qui restera toujours, à mes yeux, la plus belle du monde. Seize mille d’entre vous m’ont fait l’honneur de me suivre. Cela dépasse de très loin tout ce que j’aurais pu imaginer en ouvrant ce compte. Je pars donc avec une immense gratitude et le sentiment d’avoir vécu ici une aventure exceptionnelle. Il est des pages que l’on tourne, non parce qu’elles ont cessé de nous intéresser, mais parce que la vie nous demande d’en écrire une autre. Prenez soin des livres, des mots, de notre langue et, surtout, prenez soin les uns des autres. Les temps qui viennent demanderont sans doute à chacun de garder sa liberté de jugement et de ne pas céder à ceux qui cherchent à nous diviser ou à nous dresser les uns contre les autres. Résistez à cela. Préservez ce qui nous relie. Merci, du fond du cœur, pour ces six années. Avec toutes mes pensées amicales, Philippe Roi
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Merci Alexandre pour votre fidélité.
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Philippe Roi retweeted
J’aimerais partager avec vous cette publication qui parle des recherches de @7559pr, de son intérêt pour les sciences cognitives et des défis que représente l’IA. Voici le lien : ninamunteanu.me/2026/10/18/c…
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Captés par les écrans, les jeunes lisent encore moins en 2026.
La France : pays d’Europe qui consacre le moins de temps à la lecture de livres 📚 "Seulement 2 minutes par jour : la situation est catastrophique", @VenturaAlba dans #RTLMatin (cc @7559pr)
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« J'ai épousé un communiste » est l'œuvre de Philip Roth. Ce roman dissèque les illusions politiques et les trahisons intimes dans l'Amérique maccarthyste. Avec une maîtrise narrative magistrale, l’auteur nous livre un texte qui résonne avec l’Amérique de Trump. Lu par P.F Garel.
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La disparition de #PeterMay, à l’âge de 74 ans, vient d’être annoncée ce jour par son éditeur français. Immense conteur de l’Écosse et des Hébrides, il laisse notamment la magnifique trilogie écossaise, dite cycle de Lewis (« L’Île des chasseurs d’oiseaux », « L’Homme de Lewis », « Le Braconnier du lac perdu »), ainsi que « Loch noir » et « Meurtres à Pékin ». Un grand nom du roman policier disparaît. Ses îles, ses personnages, cette brume et cette humanité si particulière continueront longtemps à nous accompagner.
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Nous vivons des expériences dont nous ne comprenons pas toujours la portée. Elles s’accumulent en nous comme des strates ou des impressions qui demeurent à demi-formées, à demi-vécues. Puis un jour, une phrase, parfois simple ou inattendue, vient réordonner nos souvenirs. Elle ne nous rappelle pas seulement ce qui s’est passé ; elle nous révèle ce qui était resté enfoui, et apporte à l’événement un sens que nous n’avions pas compris. C’est l’un des pouvoirs les plus mystérieux de l’écriture. Elle ne se contente pas de traduire l’expérience, elle l’achève. C’est pourquoi certains écrivains nous bouleversent autant. Ils ne nous apprennent rien de nouveau. Ils nous rendent à nous-mêmes.
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« L'Île au trésor » est l’œuvre de Robert Louis Stevenson. Un jeune homme trouve une carte indiquant un trésor dans le coffre d’un vieux marin qui vient de mourir. Rarement roman d'aventures où le réel se mêle au fantastique aura été conduit avec tant d'habileté et de science.
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Nous sommes entrés dans une nouvelle ère que Corneille qualifierait d’une « obscure clarté », une sorte de pseudo-puritanisme numérique. Les éditeurs et les influenceurs du prêt-à-lire réclament des romans domestiqués qui ne dérangent aucun estomac. Mais la grande prose, lorsqu’elle atteint sa pleine mesure, émerge de la boue d’une langue blessée et de l’obstination à ne pas s’accorder aux morales transitoires, afin de dégager du réel cette portion rétive que les bien‑pensants s’évertuent à polir. Ce nouveau puritanisme n’a plus besoin de bûchers. Il opère en amont. Il s’installe dans l’esprit de l’auteur avant même que la phrase ne prenne forme. Il y diffuse la peur de heurter ces consciences promptes à se muer en procureurs sur les réseaux sociaux. Ainsi s'étiole peu à peu ce vertige de l'ambiguïté et de l'excès qui faisait de la littérature un territoire infiniment plus vaste que la morale de son époque. Et lorsque les mots n’auront plus le droit de nous mettre en danger, ce n’est pas seulement la littérature que nous aurons appauvrie, mais notre capacité même à penser librement.
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Un grand roman peut nous faire comprendre en quelques heures ce qu’une vie entière ne suffirait pas à nous enseigner. Nous naissons à une époque, dans un pays, au sein d’une famille et dans un corps que nous n’avons pas choisis. Même si notre existence est heureuse et fortunée, nous ne vivons qu’une infime partie de ce qu’un être humain est capable d’éprouver au cours d’une vie. Or, le roman est l’une des rares inventions qui permettent de franchir cette limite. Il nous offre la possibilité de comprendre ce que signifie tout perdre sans que rien ne nous soit arraché, et d’entrevoir la logique intime de l’irréparable sans avoir à en porter le poids réel. Il nous permet surtout de vivre des existences qui, dans la réalité, resteraient pour nous des ombres lointaines. Lorsque nous refermons un roman, rien n’a changé dans notre vie. Nous sommes restés les mêmes. Et pourtant, notre esprit contient désormais un peu plus que ce qu’il a vécu au quotidien.
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« Americanah » est l’œuvre de Chimamanda Ngozi Adichie. Comment rester soi lorsqu'on change de pays et que la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais accordé ? L’auteure nous offre une grande histoire d'amour. Lu par Astrid Bayiha.
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Nous sommes en train de perdre l’une des fonctions essentielles de la #littérature. Celle qui nous permet de faire l’expérience de pensées avec lesquelles nous sommes profondément en désaccord. Plusieurs livres parmi les plus importants du XXᵉ siècle ne trouveraient pas aujourd’hui d’éditeurs de peur de heurter les sensibilités contemporaines ; comme « Lolita » de #VladimirNabokov qui nous enferme dans la conscience d’un pédophile et nous y retient par son style ; « Les Versets sataniques » de #SalmanRushdie qui accorde à l’écrivain le droit de mettre en doute ce que des milliards d’individus considèrent comme une vérité sacrée ; ou encore « Tropique du Cancer » de #HenryMiller, qui expose crûment la sexualité, la vulgarité, l’égoïsme et la misogynie de son narrateur ; enfin « Le Festin nu » de #WilliamBurroughs dont l’univers nous plonge dans la drogue, la sexualité, la violence et la dégradation sans nous offrir le confort d’un jugement moral extérieur. Ces #livres ont choqué. Certains ont fait scandale. Ils sont pourtant devenus des œuvres majeures parce que la littérature n’a jamais eu pour fonction de ne représenter que ce qui est moralement acceptable. Elle peut nous faire entrer dans la conscience d’un salaud sans nous demander d’en devenir un. Elle peut nous faire éprouver la séduction d’une idée sans nous demander d’y adhérer. La littérature n’a jamais été un lieu de refuge. Elle nous place devant ce que nous préférerions éviter. Une société qui refuse les livres qui dérangent finit par ne plus supporter les idées qui libèrent.
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« Belle du Seigneur » est l’œuvre d’Albert Cohen. Ce roman nous plonge au cœur des pensées de deux êtres, aux vies étriquées, qui vont se laisser aller au jeu de la séduction et être entraînés dans une passion dévorante. Livre lu par Éric Caravaca.
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Nous avons énormément de moyens d’expression, et pourtant, nous peinons à trouver quelque chose d’intéressant à dire. Nous publions, commentons, répondons, envoyons des messages du matin au soir, mais une part croissante de nos phrases a déjà été écrite par des milliers d’autres. Le véritable appauvrissement d’une langue ne commence pas lorsque des mots disparaissent du dictionnaire, mais lorsque des millions de personnes utilisent le même vocabulaire pour dire des choses différentes. Posséder une langue, ce n’est pas seulement pouvoir communiquer. C’est disposer d’assez de mots pour ne pas être condamné à penser comme tout le monde.
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« Au revoir là-haut » est l’œuvre de Pierre Lemaitre. Deux survivants de la guerre de 14-18 comprennent que l’État, occupé à glorifier ses disparus, ne veut plus d’eux. Ils imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe. Le roman d’une génération perdue. Lu par l’auteur.
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Le déclin du désir de lire des livres longs s’accentue à mesure que les résumés et les textes courts se généralisent. Il en résulte un environnement cognitif où la profondeur cède progressivement la place à la surface. Un livre long exige une temporalité particulière. Pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, il faut garder en mémoire l’univers élaboré par l’auteur, retenir des éléments encore obscurs, accepter de ne pas comprendre d’emblée, suspendre son jugement et suivre un raisonnement dont la richesse n’apparaît souvent qu’à la fin de l’ouvrage. Savoir de quoi parle un livre grâce à un résumé, ce n’est pas avoir vécu l’expérience intellectuelle de sa lecture. En voulant faire l’économie de cette expérience, nous ne risquons pas tant de perdre les grandes pensées que de les empêcher de prendre racine en nous et de contribuer ainsi au développement de notre intelligence.
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« Voyage au Congo » (1927) est l’œuvre d’André Gide. Lors d’un séjour en Afrique équatoriale française et au Congo belge, l’auteur rédige des carnets de route où l'émerveillement devant la nature sauvage se conjugue à l'indignation face au sort des colonisés. Lu par P. Blandin.
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