Professeur associé, PSE. Le Choc libéral-égalitaire. Un plan radical pour éviter la faillite (12 novembre 2026, Odile Jacob).

Joined June 2021
Je viens de recevoir la maquette de mon livre à paraître le 12 novembre aux éditions Odile Jacob : Le Choc libéral-égalitaire. Un plan radical pour éviter la faillite. Il y est question des mécanismes qui engendrent des dépenses publiques absurdes et des verrous politiques qui empêchent de les supprimer, avec des conséquences parfois catastrophiques, notamment dans le domaine du logement. J’y propose un bloc de réformes qui permettrait de rallier une majorité, loin du discours du « sang et des larmes », pour à la fois stabiliser la dette, revaloriser fortement le travail et dégager des ressources pour les services publics. Au plaisir d’en débattre !
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« À chaque moment le taux de l'intérêt est déterminé par le rapport entre l'offre et la demande de capital. » Karl Marx, Le Capital, livre III, chapitre 22. Encore un économiste vendu à l’idéologie néolibérale.
Replying to @PorcherThomas
D'ailleurs, la taille du spread franco-allemand à long terme pourrait même devenir un problème pour l'Allemagne pour financer sa dette car, en l'absence de risque, les prêteurs prêtent aux pays avec des meilleurs taux.
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Le spread franco-allemand s'est élargi en raison de ventes massives d'obligations françaises et d'achats de Bunds allemands comme valeur refuge, avec des rendements allemands en baisse et aucune baisse de demande constatée pour les titres allemands. reuters.com/world/europe/f… boersen-zeitung.de/kapitalmaerkte… aft.gouv.fr/en/dernieres-a… deutsche-finanzagentur.de/en/federal-sec…
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Que faire quand la tension sociale est à son comble et que la crise financière n’est plus un risque mais une réalité (spread OAT-Bund à 175 points de base, du jamais vu depuis la crise de l’euro) ? S’enfoncer, bien sûr. Le Sénat vient de reconduire l’encadrement des loyers par 325 voix contre 17. Une politique qui aggrave la pénurie qu’elle prétend soulager, et que plus personne n’ose contester. Fil.
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(8/9) En réponse à la rareté et à la cherté, on recourt à l’encadrement des loyers qui aggrave encore la pénurie, et au logement social : un ménage sur six y vit, deux fois la moyenne européenne. Il y a 2,8 millions de demandes en attente pour 384 000 attributions en 2024, et l’obtention d’un logement social est beaucoup plus intéressante qu’une progression professionnelle puisqu’elle représente un avantage moyen de 225 € par mois (plus en Ile de France), presque à vie puisqu’on n’en sort presque jamais. Sans parler des affaires de favoritisme et même parfois de corruption.
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(9/9) Pourtant, il n'y a pas spécifiquement une pénurie de logements sociaux, mais plutôt une pénurie de logements tout court : il faut construire plus, là où la demande existe, et on pourrait y arriver avec moins de dépense publique. Une voie pour cela : donner aux maires un intérêt financier à autoriser la construction, par exemple en octroyant au bloc communal la TVA sur les nouveaux logements, puis supprimer progressivement les dispositifs coûteux et inutiles, voire néfastes, qui tentent en vain de remédier à la rareté. Je reviens en détail sur ce sujet dans un chapitre de mon livre à paraître le 12 novembre aux éditions Odile Jacob, Le Choc libéral-égalitaire. Un plan radical pour éviter la faillite.
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C'est la grande confusion, en effet... dans la réponse de @MPigasse. 1) "Les États-Unis empruntent 1,7 point au-dessus de l'Allemagne : vont-ils aussi faire faillite ?" Les États-Unis empruntent en dollars, l'Allemagne en euros. Il est rationnel de prêter en euros à un taux inférieur si on pense que l'euro s'appréciera par rapport au dollar. L'écart de taux peut s'expliquer facilement sans invoquer un risque de faillite. 2) "Le spread franco-allemand ne mesure pas seulement la situation française. Il reflète aussi la singularité allemande." C'est testable, et le test est négatif. Si le doublement du spread depuis fin août, de 80 à 160 points de base, reflétait la « singularité allemande » (refuge, liquidité, collatéral), le taux allemand aurait baissé par rapport au taux néerlandais, irlandais ou autrichien. Cela n'est pas arrivé, ces taux ont tous varié au même rythme ou presque. La singularité est française (même si quelques autres pays ont vu leur spread augmenter, nettement moins que la France). Ou alors, avons-nous assisté à la naissance d'une singularité irlandaise, pour célébrer l'arrivée de l'automne ? 3) "Les marchés peuvent amplifier les crises et réagir à des anticipations qu’ils contribuent eux-mêmes à créer. À force d’annoncer la catastrophe, certains risquent de la provoquer." Traduction : il n'y a pas de risque de faillite, mais il y en a un.
Dette publique, spread, la grande confusion. Je profite de ce tweet de @sc_cath , parmi tant d’autres, pour répondre aux erreurs, confusions et mensonges qui se multiplient sur la dette et le spread avec l’Allemagne. 1/ Un spread de 1,6 point ne signifie absolument pas que la France risque de faire faillite. Les États-Unis empruntent eux à un spread de 1,7 point au-dessus de l’Allemagne, donc plus cher que la France : vont-ils aussi faire faillite ? Faut-il considérer que tous les États qui empruntent plus cher que l’Allemagne, comme le Royaume-Uni ou l’Italie ou beaucoup d’autres, vont également faire faillite ? 2/ Le calcul des 60 milliards d’intérêts supplémentaires est mensonger : il applique instantanément le coût du spread à l’ensemble de la dette, alors que celle-ci a une durée de vie moyenne de plus de huit ans, donc ne se refinance que progressivement, et qu’elle a un taux moyen beaucoup plus faible. Ils confondent le stock et les flux, les taux d’hier et ceux d’aujourd’hui, le spread et le coût réel du financement. Trois confusions de base pour faire peur. 3/ Le spread franco-allemand ne mesure pas seulement la situation française. Il reflète aussi la singularité allemande. Il peut augmenter soit en raison de la France, soit en raison de l’Allemagne. Or les obligations allemandes bénéficient d’un statut particulier : actifs refuges, grande liquidité, rôle de référence et utilisation comme garanties financières. C’est aussi cela que reflète l’évolution du spread. 4/ Plus largement, un spread n’est pas une probabilité de défaut. Il reflète des différences de liquidité, d’offre et de demande de titres, des mouvements de marché, le bilan économique de ce gouvernement, et des anticipations économiques. Les marchés peuvent amplifier les crises et réagir à des anticipations qu’ils contribuent eux-mêmes à créer. À force d’annoncer la catastrophe, certains risquent de la provoquer. 5/ Le danger mortel, c’est d’instrumentaliser un spread pour imposer l’austérité. L’austérité aggrave précisément le ratio d’endettement qu’elle prétend réduire. En étouffant la croissance, elle réduit les recettes fiscales et augmente le poids de la dette dans le PIB, même lorsque les dépenses diminuent. Ils prétendent sauver la France de la crise par l’austérité. Ils vont provoquer la crise par l’austérité. @LesEchos @LCI @Le_Figaro @BFMTV
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Exproprier les ultra-riches résoudrait-il notre problème budgétaire ? (1/3) Je ne suis ni un partisan enthousiaste, ni un adversaire acharné de la taxe Zucman. Voici une expérience de pensée. Ses partisans évaluent le patrimoine des « ultra-riches » en France à environ 1 000 milliards d’euros. Imaginons qu’il soit possible d’exproprier la totalité de ce patrimoine, sans aucune conséquence négative : aucun effet sur l’incitation à investir en France, à créer et développer des entreprises, aucun exil des entrepreneurs et des grandes fortunes. C’est évidemment une hypothèse irréaliste : presque personne ne propose une expropriation complète. Point de départ du calcul : en juillet, le Conseil d'analyse économique évaluait à 125 milliards par an l’ampleur de l’ajustement nécessaire. Compte tenu de la hausse des taux d’intérêt depuis cette date, ce chiffre doit être révisé : c'est environ 160 milliards maintenant (5,3 % du PIB). Supposons que les 1 000 milliards expropriés servent intégralement à réduire la dette publique. Proche de 122% du PIB fin 2027, elle passerait à environ 90%. Cette réduction massive de notre dette réglerait-elle notre problème budgétaire ? Loin de là.
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2/3 Même après l’expropriation totale des ultra-riches, il resterait environ 140 milliards d’euros par an à trouver pour stabiliser la dette. La diminution de l’effort à fournir pour stabiliser la dette (à 90% du PIB et non plus 120%) serait en effet de 20 milliards d'euros. (Détail du calcul : cette réduction vaut « (taux d’intérêt - taux de croissance) x diminution du stock de dette », on retient un taux d'intérêt de 5% et une croissance nominale de 3% dont 2% d’inflation.) A la lumière de ce chiffre, examinons ce que rapporteraient quelques mesures qui circulent dans le débat public. – Une baisse générale des pensions de retraite de 10 % : environ 40 milliards d’euros (un peu moins en réalité, compte tenu des mécanismes de retraite minimum). – La poursuite de la réforme Borne, suspendue il y a un an par Sébastien Lecornu pour éviter la censure, jusqu’à un âge légal de départ de 64 ans : environ 17 milliards, en tenant compte de l’effet à long terme sur l’activité et les recettes fiscales. – Une augmentation de 4 points de tous les taux de TVA : environ 30 milliards, en tenant compte de l’effet récessif. – Un recul supplémentaire de l’âge légal de la retraite à 65 ans : 14 milliards de plus (par rapport à 64 ans). Au total, environ 100 milliards d’euros : il manquerait encore 40 milliards pour stabiliser la dette, malgré l’expropriation totale des ultra-riches, supposée sans aucun coût économique.
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3/3 Chacune de ces mesures, prise isolément, est politiquement explosive. Leur combinaison paraît irréalisable… hors crise grave, qu’il vaudrait mieux éviter. Voilà où nous en sommes. Que faut-il en conclure sur la taxe Zucman ? Je suis agnostique sur la proposition précise de son promoteur : il y a des arguments convaincants des deux côtés du débat. Mais au-delà de l'aspect économique de la controverse, on peut penser qu’une forme de taxation des très grandes fortunes est politiquement nécessaire pour rendre acceptables les efforts demandés à l’ensemble de la population. Sans aller jusqu’au taux de 2% proposé par GZ, on pourrait envisager une taxation « à la suisse » : le taux le plus élevé atteint 0,8% dans certains cantons… francophones ! Même en supposant qu’on puisse confisquer intégralement, et sans aucun dommage économique, tout le patrimoine des ultra-riches, l’essentiel de l’ajustement nécessaire resterait donc à accomplir. Il n’y a pas de trésor caché, il faudra plus d’imagination.
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Un sujet est étrangement absent de la discussion sur les dons et l’héritage : la liberté de tester. Tout le monde semble trouver normal qu’un legs à un neveu, une nièce ou une personne proche mais sans lien familial soit beaucoup plus taxé qu’en ligne directe, et que son ampleur soit limitée par la « réserve héréditaire » due aux descendants directs.  Pourtant, l’argument libéral en faveur de l’héritage repose sur la liberté de chacun à disposer de ses biens, pas sur un « droit naturel » des enfants biologiques. Bizarrement, la seule personne qui formule le point de vue libéral à ce sujet, c’est @Clemence_Guette de LFI dans son livre sur l’amitié (si on va au-delà du charabia rituel sur le capitalisme ennemi de l’amitié).
L'assemblée adopte l'article 4 pour encourager les dons d'argent. Un amendement Ciotti passe l'exonération d'impôt de 50 000 € dans le projet de loi, à 100 000 € pour au profit d’un enfant, petit-enfant, arrière-petit au motif de faire circuler l'argent entre générations
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Tragédie en trois actes. Acte I, 2017-2024. À peine élu, EM ouvre les vannes de la dépense : suppression démagogique de la taxe d’habitation (20 milliards par an) ; réforme de la formation professionnelle, bien inspirée par certains côtés mais qui fait exploser la dépense publique (+10 milliards par an environ). On ne profite pas de l’inflation Covid / Ukraine qui aurait permis de rationaliser en douceur la dépense publique puisqu’il suffisait de désindexer pendant un an ou deux les pensions et certaines prestations sociales contre-productives comme les aides au logement. On se livre à un « quoi qu’il en coûte » plus étendu que chez nos voisins et on y met fin plus lentement. On ne touche pas aux dépenses injustifiées (cures thermales, niche Dutreil maintenue avec ses excès, niche biocarburants). On multiplie les chèques-machin et les pass-truc. Ça culmine avec la réponse délirante au choc énergétique de 2022-2023 (36 milliards d’euros, aucune incitation à la maîtrise de la consommation). La dette publique atteint 112 % du PIB à la mi-2024 contre 98% en 2019, alors que plusieurs pays européens sont revenus au niveau pré-Covid. Acte II, 2024-2026. Dans l’impasse, on dissout, et on se rate. Faute de majorité, résister aux clientélismes devient plus difficile alors que c’est encore plus nécessaire. Le déficit s’aggrave, la hausse mondiale des taux d’intérêt combinée à celle de la prime de risque française fait dériver la dette, qui semble hors de contrôle. Face au mur de la réalité, la raison qu’on croyait disparue revient soudainement : plusieurs ministres expliquent que la concentration de la dépense sur la protection sociale, retraites en tête, conduit à l’effondrement des services publics et à un risque d’étranglement par la dette. Faute d’argent, on répond au nouveau choc pétrolier par des aides ciblées - celles que le Gouvernement disait impossibles à mettre en œuvre en 2023. On augmente le reste à charge du CPF pour inciter à maîtriser la dépense. Dans le désastre financier et l’impasse politique, la parole et l’action des gouvernants devient étrangement - et tardivement - convaincante. Acte III, 2026-2027 (hypothétique). Le discours de vérité du Gouvernement est inaudible parce que ceux qui le tiennent sont, pour l’opinion, liés au « macronisme » depuis 2017. Pourquoi écouter « ceux qui nous ont mis dans cette situation » ? Alors on se tourne vers les oppositions, qui sur tous ces sujets défendent des politiques encore plus néfastes que celles qui ont creusé la dette depuis 2017. Le piège se referme.
« Vos cris en hémicycle ne peuvent masquer ni les chiffres ni les faits : depuis 50 ans, 80% de la hausse des dépenses publiques est allée aux dépenses sociales, notamment aux retraites et à la santé. Pas à la jeunesse. » — @Amiel_David_
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En effet. Mais la liste des erreurs des premières années (sept ans !) est trop longue pour un seul post …
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Au temps pour moi, la liste des coupables est plus longue encore : les députés socialistes présents ont eux aussi voté l’amendement présenté par LR.
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