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Morocco
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âAu Maroc, il y a un peuple effervescent et indĂ©pendant, ombrageux, qui a plus de fiertĂ© pour sa vieille histoire que nous ne lâimaginons ou ne le savons. Il se souvient quâil a successivement repoussĂ© les Portugais, les Espagnols, les Anglais, quâil a secouĂ© le joug des Turcs, et il se rappelle mĂȘme les temps hĂ©roĂŻques oĂč il Ă©tait le maĂźtre dâune partie de lâEspagne.â Jean JaurĂšs, AssemblĂ©e Nationale, Paris, 1908.
LA SYMBOLIQUE DU BLANC DANS LE MAKHZEN
Au Maroc, le blanc nâa jamais Ă©tĂ© un simple choix vestimentaire. PrĂ©sent notamment dans le burnous, ou selham, ainsi que dans la jellaba, il exprime la majestĂ© du souverain et la singularitĂ© politique et religieuse de lâĂtat. Son adoption comme couleur distinctive participe Ă lâaffirmation dâune identitĂ© propre, notamment Ă lâĂ©gard des pouvoirs orientaux ayant adoptĂ© le noir comme emblĂšme.
Cette symbolique prend une dimension officielle Ă lâĂ©poque mĂ©rinide : selon le rĂ©cit rapportĂ©, le sultan Abou Youssef Yacoub dĂ©crĂšte, par dahir, le port du blanc Ă lâoccasion dâune victoire de lâarmĂ©e marocaine en Andalousie. Le choix de cette couleur relĂšve ainsi dâune dĂ©cision souveraine, faisant du vĂȘtement un signe visible de lâautoritĂ© et de lâidentitĂ© de lâĂtat.
Lors dâune rencontre Ă AlgĂ©siras avec le roi Sancho de Castille, le sultan et son entourage sont dĂ©crits vĂȘtus de blanc, tandis que le souverain castillan et les siens portent du noir. Cette opposition vestimentaire donne une expression visible Ă la distinction entre les deux pouvoirs et Ă la solennitĂ© de la reprĂ©sentation sultanienne.
Couleur des tenues officielles du Makhzen, le blanc accompagne les priĂšres du vendredi, les fĂȘtes religieuses et les cĂ©rĂ©monies dynastiques. Ăgalement portĂ© par les oulĂ©mas, les juristes et les Ă©tudiants dâAl Quaraouiyine, il tĂ©moigne du prestige du savoir religieux et de ses liens Ă©troits avec les institutions monarchiques.
Transmis au fil des siĂšcles parmi les hommes dâĂtat, les savants et les notables, cet usage demeure une composante de la mĂ©moire historique du pays. AssociĂ© Ă la puretĂ©, Ă la sobriĂ©tĂ© et Ă la grandeur, le blanc incarne la continuitĂ© des traditions marocaines, Ă la croisĂ©e de la souverainetĂ©, du savoir et du sacrĂ©.
Throwback đ„
6 mars 1981, Ă sa sortie de l'ĂlysĂ©e;
Commentant les critiques de l'đ©đż, reprochant au souverain đČđŠ de venir chercher en đ«đ· conseils et armes, le roi a dĂ©clarĂ© : " L'homme sage est toujours celui qui vient chercher des conseils d'abord. Des armes, on en trouve partout " . #himars #marocarchives #france #algerie #sahara #hassan2
Parmi les plus beaux passages du discours de Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI, que Dieu Lâassiste, prononcĂ© ce vendredi 9 octobre devant le Parlement : un rappel de la profondeur historique du Maroc et des responsabilitĂ©s quâinspire lâappartenance Ă cette nation.
« De fait, le Maroc, lâune des nations les plus prestigieuses et les plus anciennement constituĂ©es du monde, prospĂšre sous la houlette de lâune des plus anciennes monarchies de lâhistoire.
Sous lâĂ©gide de la Commanderie des Croyants, les Marocains ont tout Ă fait raison de se sentir fiers de lâauthenticitĂ© de notre identitĂ© religieuse, ainsi que de la singuliĂšre richesse de leur civilisation aux affluents divers et multiples.
[âŠ]
La fiertĂ© nationale, ici, nâest pas une forme de vanitĂ©, ni lâexpression dâune autosatisfaction. Elle est plutĂŽt le catalyseur qui transforme lâappartenance en responsabilitĂ©, lâassurance en devoir national. »
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Les cadeaux de Moulay Hassan Iá”Êł Ă la cour impĂ©riale d'Allemagne : la notice de Berlin, 1889.
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Dix chevaux, des tapis, des étoffes de brocart, des armes, des harnachements, du cuir, de la soie.
Au printemps 1878, le sultan du Maroc fait porter tout cela jusqu'à l'empereur d'Allemagne. Onze ans plus tard, l'empereur expose ces cadeaux à son peuple, dans son musée de Berlin.
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youtu.be/eQ4FbikOZgc
Lalla Khnata bent Bakkar, lâune des grandes figures fĂ©minines de lâhistoire du Maroc. đČđŠ
Femme dâĂtat, diplomate et Ă©rudite, elle sâimposa au XVIIIá” siĂšcle au cĆur du pouvoir chĂ©rifien, jouant un rĂŽle dĂ©terminant dans la diplomatie, la transmission du savoir et les Ă©quilibres politiques du Royaume.
Suite de nos commémorations historiques qui ont marqué le mois de septembre.
Le 19 septembre 1437, les forces marocaines infligent un revers majeur Ă lâexpĂ©dition portugaise venue conquĂ©rir Tanger. EncerclĂ©s, les Portugais nĂ©gocient finalement leur retrait et la restitution de Sebta au Maroc, laissant le prince Ferdinand en otage. Lisbonne refusera cependant dâhonorer cet engagement, et Ferdinand mourra en captivitĂ© Ă FĂšs en 1443.
LâĂ©pisode laissera une trace Ă©tonnante dans la mĂ©moire populaire fassie : jusquâĂ une Ă©poque rĂ©cente, on disait encore « Haltou halet Fernandou » (ŰۧÙŰȘÙ ŰۧÙŰ© Ù۱ÙۧÙŰŻÙ) â « son Ă©tat est celui de Ferdinand » â pour Ă©voquer quelquâun ayant connu une chute spectaculaire de condition ou de fortune.
Une bataille vieille de prĂšs de six siĂšcles, dont lâĂ©cho sâest ainsi prolongĂ© jusque dans le langage populaire marocain.
Retour sur lâune des grandes commĂ©morations historiques du mois de septembre : la prise de Melilla, le 17 septembre 1497.
De lâoccupation espagnole aux rĂ©sistances marocaines des Guelaya, des siĂšges menĂ©s sous les sultans alaouites aux affrontements du Rif et Ă Abdelkrim El Khattabi, retour sur plus de cinq siĂšcles dâune histoire marquĂ©e par les tentatives marocaines de reprendre la ville.
Une histoire qui croise Ă©galement celle de Luisa Isabel Ălvarez de Toledo, duchesse de Medina Sidonia, hĂ©ritiĂšre de la maison Ă lâorigine de la prise de Melilla. Sâappuyant notamment sur les riches archives de sa famille, elle affirma ouvertement que Sebta et Melilla Ă©taient marocaines, une position qui lui valut dâĂȘtre radiĂ©e du Livre dâor de Sebta Ă la demande de milieux nationalistes et colonialistes espagnols.
En 2000, elle prĂ©senta son ouvrage Ăfrica versus AmĂ©rica Ă SM le roi Mohammed VI, Ă Tanger.
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HM King Mohammed VI chaired a religious vigil on the occasion of the 28th anniversary of the passing of His Late Majesty King Hassan II, may God rest his soul in peace
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SM le Roi prĂ©sidera lundi une veillĂ©e religieuse Ă lâoccasion du 28e anniversaire de la disparition de Feu SM le Roi Hassan II
rs.map.ma/4xuOD5P
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The Almohadsâ grandest architectural ambition was a third monumental minaret, built to accompany what was intended to be the largest mosque in the western Islamic world during the 12th century.
The tower was designed to soar to a height of 80 metres. But following the death of Caliph al-Mansur, construction came to a halt, leaving it unfinished at 44 metres.
Retour sur lâune des grandes commĂ©morations historiques du mois de septembre : la prise de Melilla, le 17 septembre 1497.
De lâoccupation espagnole aux rĂ©sistances marocaines des Guelaya, des siĂšges menĂ©s sous les sultans alaouites aux affrontements du Rif et Ă Abdelkrim El Khattabi, retour sur plus de cinq siĂšcles dâune histoire marquĂ©e par les tentatives marocaines de reprendre la ville.
Une histoire qui croise Ă©galement celle de Luisa Isabel Ălvarez de Toledo, duchesse de Medina Sidonia, hĂ©ritiĂšre de la maison Ă lâorigine de la prise de Melilla. Sâappuyant notamment sur les riches archives de sa famille, elle affirma ouvertement que Sebta et Melilla Ă©taient marocaines, une position qui lui valut dâĂȘtre radiĂ©e du Livre dâor de Sebta Ă la demande de milieux nationalistes et colonialistes espagnols.
En 2000, elle prĂ©senta son ouvrage Ăfrica versus AmĂ©rica Ă SM le roi Mohammed VI, Ă Tanger.
đšLĂ , nous devons sĂ©rieusement nous rĂ©veiller. Ce qui est en jeu dĂ©passe largement un simple tournage : il sâagit de notre patrimoine, de notre mĂ©moire et de notre souverainetĂ© narrative.
Depuis quelques années, certaines productions saoudiennes véhiculent déjà une représentation profondément caricaturale du Maroc, enfermé dans des clichés grossiers et réducteurs, trÚs éloignés de sa réalité historique et culturelle. Et maintenant, il faudrait ouvrir nos villes, nos monuments et notre architecture pour permettre à une production étrangÚre de mettre en scÚne les derniers jours de Grenade et de construire, depuis le Maroc, le narratif historique qui lui convient ?
Mais que savent-ils rĂ©ellement des derniĂšres heures de Grenade ? Sur quelles sources, quelles chroniques et quels travaux historiques repose leur scĂ©nario ? Quelle place accordent-ils aux vĂ©ritables acteurs de cette pĂ©riode ? Ou sommes-nous face Ă une relecture fantaisiste de lâHistoire, destinĂ©e Ă placer artificiellement la pĂ©ninsule Arabique au cĆur dâun rĂ©cit historique avec lequel elle nâa aucun lien ?
Lâeffacement de la mĂ©moire ne se produit pas du jour au lendemain. Il sâinstalle progressivement : une omission ici, une réécriture lĂ , un rĂŽle historique minimisĂ©, un patrimoine rĂ©attribuĂ©, jusquâĂ ce quâun rĂ©cit fabriquĂ© finisse par remplacer la rĂ©alitĂ© dans lâimaginaire collectif.
Notre patrimoine ne peut pas devenir un simple dĂ©cor permettant Ă dâautres de réécrire, sâapproprier ou dĂ©naturer une histoire dont le Maroc fut un acteur majeur. Ă force de laisser les autres raconter notre passĂ© Ă notre place, nous finirons par devoir nous battre pour rappeler que nous en faisions partie.
Cette production Ă©tant encore en phase de repĂ©rage, câest maintenant quâil faut agir/rĂ©agir et nous y opposer fermement. Une fois les camĂ©ras installĂ©es, il sera trop tard.
đČđŠđžđŠ Le Maroc a Ă©tĂ© choisi pour accueillir le tournage de la superproduction saoudienne «Grenade⊠les derniers jours», actuellement en phase de repĂ©rages.
SupervisĂ©e par Turki Al Sheikh et destinĂ©e au groupe MBC pour le ramadan 2028, cette fresque historique confirme lâattractivitĂ© du Royaume auprĂšs des grandes productions audiovisuelles internationales.
â le360.info/Z1DmQf
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đČđŠđžđŠ Le Maroc a Ă©tĂ© choisi pour accueillir le tournage de la superproduction saoudienne «Grenade⊠les derniers jours», actuellement en phase de repĂ©rages.
SupervisĂ©e par Turki Al Sheikh et destinĂ©e au groupe MBC pour le ramadan 2028, cette fresque historique confirme lâattractivitĂ© du Royaume auprĂšs des grandes productions audiovisuelles internationales.
â le360.info/Z1DmQf
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đČđŠđȘđž| Jorge Dezcallar, ex-chef des services secrets espagnol (CNI), affirme que pour les Marocains đČđŠ, l'Espagne đȘđž ne s'est pas dĂ©veloppĂ©e par son mĂ©rite mais uniquement grĂące aux aides europĂ©ennes đȘđș.
Poursuivant son analyse psychologique, celui-ci perçoit du ressentiment des Marocains đČđŠ face Ă lâignorance et snobisme des Espagnols đȘđž envers l'histoire des dynasties marocaines en Al Andalus.
« Nos 2 ambassades les plus importantes sont les Ătats-Unis đșđž et le Maroc đČđŠ [..] un pays fascinant [..]
Nous ne connaissons pas les Marocains đČđŠ [..] ils nous voient comme un pays qui s'est rapidement enrichi, non grĂące Ă son mĂ©rite, mais grĂące aux aides europĂ©ennes đȘđș [..] ils le prennent mal qu'on se soit dĂ©veloppĂ© et qu'on est leur premier partenaire commercial [..]
Il faudrait plus prĂȘter d'attention Ă ce qu'Ă©tait la pĂ©riode de splendeur d'Al Andalus, avec les Almoravides et Almohades, des dynasties du Maroc đČđŠ [..] ici tout tourne autour de la Reconquista [..] il me semble qu'ils ont Ă©tĂ© ici pendant 8 siĂšcles et mĂ©ritent davantage d'attention [..] ils ont du ressentiment d'ĂȘtre snobbĂ©s »
(Bellumartis Actualidad Militar y Geopolitica)
đČđŠđȘđž| Jorge Dezcallar, ex-chef des services secrets espagnol (CNI), dĂ©balle son sac sur les relations đČđŠđȘđž « plus passionnelles que rationnelles » : le traumatisme de la Marche verte pour l'Espagne đȘđž, les territoires marocains rattachĂ©s par la France đ«đ· Ă son dĂ©partement d'AlgĂ©rie đ©đż, le Sahara đČđŠ, les enclaves etc...
Il dĂ©crit le Maroc đČđŠ comme « un pays fascinant », et « le seul de la rĂ©gion Ă ne pas avoir Ă©tĂ© occupĂ© par lâEmpire ottoman », avec « une histoire et une culture » quâil juge uniques, tout en prĂ©venant que « le Maroc nâabandonnera pas ses revendications sur "Ceuta" et "Melilla" ».
(El Sentido De La Birra con Ricardo Moya)
Aujourdâhui, 8 septembre, nous commĂ©morons le 751á” anniversaire de la bataille dâĂcija (1275), lâun des grands affrontements de lâengagement mĂ©rinide en al-Andalus.
Sous le commandement du sultan Abou Youssef Yaâqoub, les forces marocaines remportĂšrent une victoire dĂ©cisive face Ă lâarmĂ©e castillane.
Retour sur un Ă©pisode majeur de lâhistoire.
SUITE â PARTIE I // Lorsque le prince Don Sanche se rĂ©volta contre son pĂšre, le roi Alphonse X, ce dernier se trouva contraint de solliciter lâaide du sultan mĂ©rinide AbĂ» YĂ»suf YaâqĂ»b. Il envoya ainsi, au dĂ©but du mois de Muharram de lâannĂ©e 681 H / avril 1282, une ambassade Ă Marrakech afin de demander son soutien contre son fils rebelle.
Le sultan rĂ©pondit favorablement Ă cette demande, malgrĂ© les conflits antĂ©rieurs, notamment la bataille de la Dununiyya (bataille dâĂcija), ainsi que la cĂ©lĂšbre victoire navale remportĂ©e par le prince YĂ»suf ibn YaâqĂ»b, gouverneur de Tanger, aux cĂŽtĂ©s du faqih AbĂ» HĂątim al-âAzfĂź, gouverneur de Sebta, sans oublier la seconde campagne militaire.
AbĂ» YĂ»suf traversa ensuite la mer vers al-Andalus Ă la tĂȘte de ses forces. Alphonse X vint Ă sa rencontre prĂšs de Ronda et lui prĂ©senta sa couronne royale comme garantie de son engagement. Le sultan lui accorda alors cent mille dinars dâor afin de lâaider Ă rassembler ses troupes et Ă restaurer son autoritĂ©. Il poursuivit ensuite sa campagne militaire jusquâĂ atteindre la forteresse de MajrĂźt (Madrid), remportant plusieurs victoires contre le prince Sanche rĂ©voltĂ©.
Lâaction du souverain mĂ©rinide ne se limita cependant pas au domaine militaire ; elle sâĂ©tendit Ă©galement au champ diplomatique. AbĂ» YĂ»suf adressa ainsi sa cĂ©lĂšbre lettre, datĂ©e du 20 Rajab 681 H / 24 octobre 1282, Ă Philippe III le Hardi, roi de France, lui proposant dâĆuvrer Ă une rĂ©conciliation avec Alphonse X. Cette initiative constitue lâune des premiĂšres tentatives connues dâĂ©tablir une entente ou un accord triangulaire rĂ©unissant le Maroc, la Castille et la France, et tĂ©moigne de lâampleur de la diplomatie marocaine ainsi que de son implication dans les Ă©quilibres politiques europĂ©ens du XIIIá” siĂšcle.
AprĂšs la mort dâAlphonse X et lâaccession de son fils Sanche IV au trĂŽne de Castille, le nouveau roi castillan se retrouva face Ă une puissance mĂ©rinide grandissante, qui avait imposĂ© sa prĂ©sence politique et militaire dans la pĂ©ninsule IbĂ©rique. Les campagnes menĂ©es par le sultan YaâqĂ»b ibn âAbd al-Haqq et les victoires remportĂ©es par les armĂ©es mĂ©rinides poussĂšrent la Castille Ă rechercher le dialogue plutĂŽt que la confrontation. Sanche IV envoya alors une dĂ©lĂ©gation composĂ©e de hauts reprĂ©sentants de son royaume afin de solliciter la paix auprĂšs du sultan. Celui-ci refusa dans un premier temps, avant dâaccepter par la suite lâouverture de nĂ©gociations.
AprĂšs la lecture des commentaires espagnols suscitĂ©s par notre derniĂšre courte publication, il apparaĂźt clairement que le dĂ©bat est davantage dominĂ© par une lecture Ă©motionnelle et affective de lâhistoire que par une approche objective fondĂ©e sur lâanalyse des sources.
Les discussions se sont principalement concentrĂ©es sur la miniature que nous avons choisie, reprĂ©sentant le calife marocain Omar Al-Mortada, associĂ© Ă la premiĂšre cĂ©lĂ©bration officielle du Mawlid aprĂšs lâinitiative du gouverneur de Sebta, Abou Al-Qasim Al-Azafi, en mettant lâaccent sur des dĂ©tails liĂ©s aux vĂȘtements ou sur des interprĂ©tations Ă©loignĂ©es du vĂ©ritable contexte de lâĆuvre.
Or, les Cantigas de Santa MarĂa ne constituent pas un document historique au sens scientifique ou chronologique du terme, mais plutĂŽt une Ćuvre littĂ©raire et artistique du Moyen Ăge, reflĂ©tant lâimaginaire religieux et politique castillan de son Ă©poque, ainsi que la maniĂšre dont lâAutre Ă©tait reprĂ©sentĂ© dans la culture mĂ©diĂ©vale du point de vue castillan.
LâĆuvre dont est issue cette miniature appartient au cĂ©lĂšbre manuscrit des Cantigas de Santa MarĂa, rĂ©alisĂ© sous le rĂšgne dâAlphonse X, roi de Castille et de LeĂłn, au XIIIá” siĂšcle, Ă une Ă©poque oĂč lâEspagne politique unifiĂ©e nâexistait pas encore.
Ce manuscrit est considĂ©rĂ© comme lâune des productions artistiques et littĂ©raires majeures de son temps, en raison de sa valeur esthĂ©tique et spirituelle, mais Ă©galement de ses dimensions politiques, puisquâil servait la narration politique et religieuse de la cour de Castille de cette pĂ©riode.
Ainsi, la cantiga 181 du recueil raconte, selon la perspective castillane, la victoire des Mérinides sur les derniers Almohades et la prise de Marrakech par le contingent chrétien qui accompagnait les Mérinides.
Cette représentation est compréhensible
dans le cadre de la vision politique et idéologique de la Castille médiévale.
Toutefois, la rĂ©alitĂ© historique est plus complexe : lâutilisation de ces contingents europĂ©ens au Maroc constituait alors une pratique relativement courante, quâil sâagisse de mercenaires engagĂ©s ou de la formation de vĂ©ritables unitĂ©s militaires marocaines composĂ©es dâEuropĂ©ens ayant choisi le Maroc comme terre dâĂ©tablissement, volontairement ou aprĂšs avoir fui les persĂ©cutions et les conflits avec leurs propres souverains.
Lâun des exemples les plus remarquables de cette pĂ©riode est celui dâAlphonse de GuzmĂĄn (Alfonso de GuzmĂĄn), gouverneur de SanlĂșcar, qui trouva refuge au Maroc aprĂšs ses conflits avec la cour de Castille. Le sultan lui confia alors des responsabilitĂ©s de conseil dans les affaires militaires. Il est connu dans lâhistoire sous le nom de GuzmĂĄn el Bueno.
Il est Ă©galement important de rappeler quâAlphonse X, surnommĂ© « le Sage », Ă©tait profondĂ©ment ouvert aux influences culturelles marocaines, qui Ă©taient fortement prĂ©sentes dans son environnement. Ces influences apparaissent dans plusieurs domaines, notamment la musique, les arts et les sciences.
La musique ecclĂ©siastique europĂ©enne du Moyen Ăge fut, Ă diffĂ©rents degrĂ©s, influencĂ©e par certaines traditions musicales marocaines, tandis que la musique marocaine fut Ă©galement influencĂ©e par certains Ă©lĂ©ments europĂ©ens, en raison de la proximitĂ© gĂ©ographique et des Ă©changes constants entre les deux rives.
La question dâAlphonse X, de son fils et de leurs relations avec le Maroc, particuliĂšrement avec le sultan mĂ©rinide Yaâqoub Al-Mansour, constitue un sujet dâune grande importance que nous aborderons dans une prochaine publication.
SUITE â PARTIE II // AprĂšs des discussions approfondies, le sultan YaâqĂ»b imposa ses conditions, parmi lesquelles figuraient le respect des musulmans dâal-Andalus dans leur ensemble, la non-ingĂ©rence dans les affaires des souverains musulmans, la fin des politiques visant Ă susciter des divisions entre eux, ainsi que la garantie des droits des commerçants musulmans dans les territoires castillans. Afin de formaliser cet accord, le sultan envoya une ambassade dirigĂ©e par AbĂ» Muhammad âAbd al-Haqq ibn Torjoman Ă SĂ©ville, oĂč fut conclue la convention de paix et oĂč le roi de Castille sâengagea Ă en respecter les clauses.
La rencontre officielle entre le sultan YaâqĂ»b ibn âAbd al-Haqq et Sanche IV eut lieu le 20 ShaâbĂąn 684 H / 21 octobre 1285, au chĂąteau dâal-Sakhrat, prĂšs de la riviĂšre Guadalete. Ce fut un moment hautement symbolique : le roi de Castille vint personnellement Ă la rencontre du souverain marocain, accompagnĂ© de prĂ©sents offerts au nom de son royaume, tandis que le sultan lâaccueillit selon un cĂ©rĂ©monial royal, vĂȘtu de blanc et entourĂ© de sa cour. La rencontre aboutit au renouvellement de la paix et Ă la confirmation des engagements pris par la Castille envers le Maroc et ses intĂ©rĂȘts.
Cet accord ne fut pas seulement politique, mais Ă©galement culturel. Le sultan rĂ©ussit Ă obtenir la restitution dâune importante partie du patrimoine scientifique islamique marocain, constituĂ©e de manuscrits saisis lors des prĂ©cĂ©dentes campagnes de la ReconquĂȘte. Sanche IV envoya ainsi au Maroc plusieurs chargements contenant des Corans, des ouvrages de hadith, de tafsĂźr, de droit, de langue et de littĂ©rature, ainsi que des ouvrages relevant dâautres disciplines scientifiques.
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Comment les Marocains surnommaient-ils les Espagnols il y a un siĂšcle ?
Le surnom « BourqaĂą », que les Marocains donnaient Ă certains Espagnols au dĂ©but du XXe siĂšcle, nâĂ©tait pas un simple terme passager, mais une description populaire reflĂ©tant une rĂ©alitĂ© sociale vĂ©cue par la rĂ©gion au cours des premiĂšres annĂ©es de lâinstauration du protectorat espagnol sur le nord du Maroc en 1912.
Selon les rĂ©cits de plusieurs personnes ĂągĂ©es ayant vĂ©cu cette pĂ©riode, des milliers dâEspagnols pauvres affluaient vers les villes et villages du nord du Maroc Ă la recherche de travail et de moyens de subsistance, fuyant la pauvretĂ© et les crises qui secouaient lâEspagne Ă lâĂ©poque. Beaucoup dâentre eux portaient des vĂȘtements usĂ©s et dĂ©chirĂ©s, couverts de piĂšces, ce qui leur valut dâĂȘtre surnommĂ©s par les Marocains « Bourqaâa », câest-Ă -dire « ceux aux vĂȘtements rapiĂ©cĂ©s ».
Mais cela ne se limite pas aux rĂ©cits oraux, car la correspondance historique de Hajj Abdessalam Bennouna, lâun des principaux pionniers du Mouvement Nationaliste Marocain, ainsi que des documents du gouvernement khalifien, font Ă©tat de lettres officielles adressĂ©es au gouvernement de Madrid, lâalertant sur lâaugmentation de lâimmigration des Espagnols pauvres vers la rĂ©gion khalifienne et sur les problĂšmes sociaux et Ă©conomiques qui en dĂ©coulaient, tout en lui demandant de prendre des mesures pour endiguer ce phĂ©nomĂšne.
Cet aspect de l'histoire confirme que l'immigration n'a pas toujours Ă©tĂ© Ă sens unique : il y a plus d'un siĂšcle, l'Espagne elle-mĂȘme Ă©tait un pays d'oĂč partaient des milliers de personnes Ă la recherche d'un moyen de subsistance, tandis que le nord du Maroc constituait une destination pour bon nombre d'entre elles.
Rappeler ces faits nâa rien Ă voir avec une volontĂ© de jubilation ou de dĂ©prĂ©ciation, car les Marocains ont toujours Ă©tĂ© connus, tout au long de leur histoire, pour leurs valeurs dâhospitalitĂ© et de respect ; il sâagit plutĂŽt de rappeler que lâhistoire est riche en bouleversements et que la situation des Ătats et des peuples Ă©volue avec le temps.
Aujourdâhui, la situation a considĂ©rablement changĂ©. AprĂšs lâadhĂ©sion de lâEspagne Ă lâUnion europĂ©enne en 1986 et grĂące aux investissements et aux rĂ©formes Ă©conomiques dont elle a bĂ©nĂ©ficiĂ©, le pays est devenu lâune des plus grandes Ă©conomies dâEurope et sâest transformĂ© en une destination prisĂ©e par des millions de migrants et de personnes en quĂȘte dâemploi, alors quâil Ă©tait, il y a quelques dĂ©cennies encore, une source dâĂ©migration et de pauvretĂ©. Ainsi, lâhistoire prouve que la situation des nations nâest jamais immuable, et que le dĂ©veloppement et le travail sont capables de changer le destin des peuples.
AprĂšs la lecture des commentaires espagnols suscitĂ©s par notre derniĂšre courte publication, il apparaĂźt clairement que le dĂ©bat est davantage dominĂ© par une lecture Ă©motionnelle et affective de lâhistoire que par une approche objective fondĂ©e sur lâanalyse des sources.
Les discussions se sont principalement concentrĂ©es sur la miniature que nous avons choisie, reprĂ©sentant le calife marocain Omar Al-Mortada, associĂ© Ă la premiĂšre cĂ©lĂ©bration officielle du Mawlid aprĂšs lâinitiative du gouverneur de Sebta, Abou Al-Qasim Al-Azafi, en mettant lâaccent sur des dĂ©tails liĂ©s aux vĂȘtements ou sur des interprĂ©tations Ă©loignĂ©es du vĂ©ritable contexte de lâĆuvre.
Or, les Cantigas de Santa MarĂa ne constituent pas un document historique au sens scientifique ou chronologique du terme, mais plutĂŽt une Ćuvre littĂ©raire et artistique du Moyen Ăge, reflĂ©tant lâimaginaire religieux et politique castillan de son Ă©poque, ainsi que la maniĂšre dont lâAutre Ă©tait reprĂ©sentĂ© dans la culture mĂ©diĂ©vale du point de vue castillan.
LâĆuvre dont est issue cette miniature appartient au cĂ©lĂšbre manuscrit des Cantigas de Santa MarĂa, rĂ©alisĂ© sous le rĂšgne dâAlphonse X, roi de Castille et de LeĂłn, au XIIIá” siĂšcle, Ă une Ă©poque oĂč lâEspagne politique unifiĂ©e nâexistait pas encore.
Ce manuscrit est considĂ©rĂ© comme lâune des productions artistiques et littĂ©raires majeures de son temps, en raison de sa valeur esthĂ©tique et spirituelle, mais Ă©galement de ses dimensions politiques, puisquâil servait la narration politique et religieuse de la cour de Castille de cette pĂ©riode.
Ainsi, la cantiga 181 du recueil raconte, selon la perspective castillane, la victoire des Mérinides sur les derniers Almohades et la prise de Marrakech par le contingent chrétien qui accompagnait les Mérinides.
Cette représentation est compréhensible
dans le cadre de la vision politique et idéologique de la Castille médiévale.
Toutefois, la rĂ©alitĂ© historique est plus complexe : lâutilisation de ces contingents europĂ©ens au Maroc constituait alors une pratique relativement courante, quâil sâagisse de mercenaires engagĂ©s ou de la formation de vĂ©ritables unitĂ©s militaires marocaines composĂ©es dâEuropĂ©ens ayant choisi le Maroc comme terre dâĂ©tablissement, volontairement ou aprĂšs avoir fui les persĂ©cutions et les conflits avec leurs propres souverains.
Lâun des exemples les plus remarquables de cette pĂ©riode est celui dâAlphonse de GuzmĂĄn (Alfonso de GuzmĂĄn), gouverneur de SanlĂșcar, qui trouva refuge au Maroc aprĂšs ses conflits avec la cour de Castille. Le sultan lui confia alors des responsabilitĂ©s de conseil dans les affaires militaires. Il est connu dans lâhistoire sous le nom de GuzmĂĄn el Bueno.
Il est Ă©galement important de rappeler quâAlphonse X, surnommĂ© « le Sage », Ă©tait profondĂ©ment ouvert aux influences culturelles marocaines, qui Ă©taient fortement prĂ©sentes dans son environnement. Ces influences apparaissent dans plusieurs domaines, notamment la musique, les arts et les sciences.
La musique ecclĂ©siastique europĂ©enne du Moyen Ăge fut, Ă diffĂ©rents degrĂ©s, influencĂ©e par certaines traditions musicales marocaines, tandis que la musique marocaine fut Ă©galement influencĂ©e par certains Ă©lĂ©ments europĂ©ens, en raison de la proximitĂ© gĂ©ographique et des Ă©changes constants entre les deux rives.
La question dâAlphonse X, de son fils et de leurs relations avec le Maroc, particuliĂšrement avec le sultan mĂ©rinide Yaâqoub Al-Mansour, constitue un sujet dâune grande importance que nous aborderons dans une prochaine publication.
Les images de cette magnifique veillée du Mawlid, présidée le 24 août 2026 au Palais Royal à Rabat par Amir Al-Mouminine, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ont largement occupé les écrans des médias espagnols et dominé leurs réseaux sociaux.
Ă travers elles, le grand public espagnol a dĂ©couvert un pan de la tradition marocaine qui prĂ©cĂšde lâoccupation de Sebta, et mĂȘme lâĂ©mergence de lâEspagne en tant quâĂtat sous Isabelle.
La rĂ©alitĂ© est que leur inconscient historique et intellectuel sâest retrouvĂ© confrontĂ© Ă lâinstitution dâAmir Al-Mouminine â Miramolinus dans les sources europĂ©ennes mĂ©diĂ©vales â, cette institution sĂ©culaire qui a toujours maintenu les Marocains attachĂ©s Ă lâunitĂ© du territoire, assurant sa dĂ©fense face aux adversitĂ©s et aux agressions, tout en prĂ©servant sa souverainetĂ© intellectuelle.
Et puisque leur rĂ©cente attaque avait pris la forme dâune propagande dĂ©tachĂ©e de la crise quâils avaient eux-mĂȘmes provoquĂ©e par une dĂ©cision judiciaire, la rĂ©action suscitĂ©e Ă lâoccasion de la commĂ©moration du Mawlid fut profonde.
**LĂ©gende miniature // Le sultan almohade Omar al-Mortada (1248â1266), premier souverain marocain Ă institutionnaliser officiellement la cĂ©lĂ©bration du Mawlid.












































